Homemade

La structure ou le collectif qui intervient

Organisation porteuse : Coopérative des Tiers-Lieux
Statut de l'organisation : ESS - Coopérative, SCIC, SCOP
Code postal : 33270
Ville : Floirac
Autres organisations partenaires : 2 laboratoires de recherche
APESA / Centre technologique au service des transitions
Plateforme Canoe / centre R&D spécialisé en matériaux

20 Collectifs de makers et fablabs
Association DeltaC33
Association Saveurs et Savoir-Faire
BA13
BigUp17
Cap Sciences
Centre National de la Recherche Scientifique délégation Provence et Corse
Collectif Makers Rochelais et Réthais
Collectif Mélusine
EurêkaFAB / Communauté de Communes de Montesquieu
Fablab19
FabLab_BEN
Félix & associés
La Bêta-Pi
LCube
La Smalah
La Quincaillerie / Ville de Guéret
Le Garage Moderne
Les Usines
L’Établi
L’Ostal numérique

2 Collectifs de couturiers et structures textile mobilisées
Sew&Laine
Ass. de préfiguration de la Régie de Territoire du bassin de Brive
Couturières Solidaires Corrèze

8 têtes de réseaux régionales et locales
GIP Autom’Lab
Cluster NAOS / Nouvelle-Aquitaine pour les technologies libres et open source
Hub territorial Hubert
INAE
Réseau Français des Fablabs
UNEA
Le 400
La Proue
Présentation de la structure, du collectif ou du projet : Courant mars 2020, un besoin de produits de protection, en particulier pour les personnels soignants les plus exposés s’est fait sentir. Besoin auquel aucune structure industrielle ou institutionnelle ne pouvait répondre dans le court terme, en plein flambée des cas de Covid19 . Or, partout sur le territoire, des organisations ad hoc ont émergé, capable de fédérer des dizaines de fabricants indépendants – souvent bénévoles - de masques, de visières et autres dispositifs de protection. Cette filière de conception, de développement et de petite production n’émerge pas de « nulle part » : elle se structure et se coordonne en recombinant des ingrédients sociaux pré-existants sur le territoire : associations, réseaux informels de makers ou de couturières, média-sociaux, associations, références culturelles, valeurs liées au territoire, à une communauté, outils et savoir-faire distribués dans divers lieux, tiers-lieux, associations, etc.
Cette problématique de recherche-action s’intéresse aux conditions d’émergence d’un système de production délocalisé durable, visible, mobilisable, à partir de l’expérience d’engagement des makers, structures intermédiaires, peu visibles en dehors de leurs territoires d’implantation.

Cette vision aborde la dimension structurelle au niveau régional (Région Nouvelle Aquitaine) du phénomène, à partir des systèmes de valeurs et des engagements des makers. En effet, elle analysera les points de fragilité du modèle de déploiement de la filière, proposera des préconisations sur les conditions économiques de pérennisation de la filière maker hors période de crise, évaluera les conditions d’implantation de la filière Nouvelle Aquitaine.

Nous avons traversé une crise majeure inédite liée à la pandémie du Covid-19 qui s’est trouvée amplifiée par le manque d’anticipation matérielle (matériel de protection notamment) et immatérielle (mesures organisationnelles de dépistage, de coordination, etc…) de la part de l’État en particulier, qui est en charge de la sécurité sanitaire de la population. À travers le Ministère de la défense, l’État a d’ailleurs lancé un marché pour trouver des solutions organisationnelles et techniques en vue de répondre aux nombreux besoins effectifs.

En parallèle, des grandes métropoles françaises jusque dans les endroits les plus reculés de l’hexagone, et en Nouvelle-Aquitaine en particulier, une communauté ouverte de makers.ses, bidouilleurs.ses ou couturiers.ères s’est mise à l’oeuvre de façon déconcentrée afin de concevoir des solutions libres et open source pour répondre aux besoins locaux, dans l’urgence, et dans une forme de générosité citoyenne.

Cependant les besoins sont nombreux et malgré la mise en place de cagnottes citoyennes, de financements de fondations, la Coopérative des Tiers-Lieux souhaite ne pas fragiliser les tiers-lieux et les sortir d’une forme de «sacrifice solidaire ». Les flux qui ont été demandés dépassaient largement la capacité de l’épargne personnelle des individus mobilisés.

Les acteurs ont été en lien avec les structures bénéficiaires puisque la livraison des masques a démarré à partir du 23 mars dernier. Le travail de fabrication et de distribution s’est effectué et se gère de façon locale et autonome. Seuls les échanges techniques et juridiques sont pilotés par les réseaux tels que le RFF et autres…
Les prototypes utilisés n’ont pas été certifiés et, dans l’urgence, ils sont accueillis et validés directement par les professionnels de santé, sans passer par les processus habituels de contrôle et vérification. C’est l’usager qui valide et il est possible que les hôpitaux les certifient en interne via des procédures spécifiques.
Il s’agit également de tirer des leçons et de voir dans quelles mesures cette expérience peut être prolongée, au delà de la crise, d’un point de vue relationnel avec les contributeurs et les bénéficiaires et d’un point de vue technique pour finaliser un premier travail de recherche notamment lié aux poussoirs « multi-usages », aux outils de duplication des valves de respirateurs…
Enfin, si le consortium organisé ne rassemble pas de manière exhaustive tous les lieux de fabrication et makers néoaqutains, compte tenu du nombre considérable d’initiatives réalisées, il nous a paru important de les identifier et de les valoriser post-crise.

Quid demain du positionnement des fablabs sur ce qui est projeté sur eux ? Quelle vocation, ambition et éthique sont projetées sur le mouvement ? Entre le Centre de Recherche et Développement local transsectoriel, les créateurs de petites séries, l’accompagnement de micro-projets, la ferme de fabrication distribuée, une nouvelle industrie localisée et non délocalisable, un pôle de coopérations, un lieu de médiation et d’éducation par le faire, la question des alliances se posent déjà et renvoie toujours à la question de l’ambition collective du mouvement demain.

L’échelle régionale qui environne le projet fait prendre du recul et nous a amèné à penser des alliances de positionnement avec d’autres pour y arriver : INAE, UNEA, Hubert, RFF et d’autres plus locaux, à l’échelle de département ou de territoires...

Nous avons pris le parti de créer une expérience commune avec de nouveaux partenaires. Cette interconnaissance prend du temps et demande à être manager. C’est pourquoi, faire travailler les fablabs avec les têtes de réseaux des chantiers d’insertion et des entreprises nous a semblé intéressant pour aider l’insertion par l’activité, pour prototyper des solutions autour du handicap avec le réseau des Entreprises Adaptées, de penser un volet plus industriel et technologique avec Hubert... Entre membres du consortium déjà, les membres peuvent croiser les compétences, être à l’écoute des autres et échanger, mutualiser, penser filière.

Cet axe d’interconnaissance vise à trouver les passerelles fonctionnelles entre fablab et structures INAE et UNEA, de construire une chaîne de valeurs sociale forte pour peu que la recherche de productions soit utiles aux besoins de base (sécurité, alimentation, santé...) et favorables à l’émancipation des personnes impliquées.
Les réseaux très implantés, très rural, à fort ancrage local peuvent tout à fait s’interpénétrer à travers HomeMade mais bien au delà puisque transposable aux domaines d’activités des structures INAE et UNEA. HomeMade vise l’interconnaissance, les visites de sites et des partages d’expériences autour des publics fragiles, le développement personnel, les relais d’orientation, le réseau convivial qui met en confiance, l’expérience de la convivialité….
Cette filière en cours de préfiguration se questionnera également sur les bons ingrédients à intégrer, les marges de manoeuvre possibles et ses capacités de rebond collectif. Le partage de valeurs est-il suffisant pour atteindre les objectifs de filière ?

Cette dynamique des forces sociales en présence s’inscrit dans un contexte politique, économique et territorial, qui constitue l’un des déterminants institutionnels des possibilités d’expansion de la production en contexte de crise. De ce fait, en sus des éléments sociologiques liés au processus de production lui-même (mono ou multi-acteurs), il apparaît pertinent d’explorer le contexte politique (politiques publiques, relation avec les acteurs économiques installés) et les limites économiques (taille de marché, structure de la production, goulots d’approvisionnements et débouchés) qui pourraient influencer les possibilités d’évolution de la filière, à court terme comme à moyen terme. C’est également les conditions de la pérennisation d’émergences productives qu’il convient d’interroger, dans des process d’innovations décentralisés de long terme au sein de la transition écologique.

En ce sens, cette réponse coordonnée, émergente, aura agit comme un révélateur de certaines ressources enfouies, encastrées dans le tissu social de territoire. De plus, elle aura permis le partage d’une expérience commune, ce qui aura probablement des effets à plus long terme sur la vie sociale du territoire. En d’autres termes, cette organisation qui a émergé en mars 2020, n’est probablement qu’un moment dans un processus social plus long, qui voit des citoyens, des amateurs, des passionnés, prendre conscience de leur capacité à s’emparer de projets collectifs. Ce projet, inscrit dans une approche de développement durable, pourra ainsi contribuer aux engagements pris par la Région dans le cadre de sa feuille de route NéoTerra.

Cet axe de recherche s’attachera à comprendre les dynamiques à l’oeuvre lors de l’émergence de cette filière d’une part et le potentiel de transformation à l’échelle régionale de cet ensemble d’initiatives d’autre part. Différents cadres théoriques seront mobilisés pour analyser les évolutions des systèmes considérés. Au niveau sociétal de l’analyse, différents courants de la littérature sur les transitions (Geels, 2002), (Loorbach, 2007), (Gaziulusoy and Ryan, 2017) seront mobilisés pour comprendre comment l’émergence de ces niches (i.e. innovation décentralisée portée par les makers dans leurs réseaux d’acteurs) influence et est influencée par le régime (i.e. le modèle stable et dominant de pratiques et de règles existant dans la société). Cette réflexion sur les changements structurels potentiels s’appuiera sur des analyses plus spécifiques concernant les évolutions dans les systèmes de valeur des acteurs engagés, des acteurs économiques et des acteurs politiques de la région. Cette réflexion s’appuiera également sur les réflexions collectives sur les modalités d’organisation d’une nouvelle filière régionale. Ainsi, nous essaierons de comprendre en quoi l’émergence d’une filière en période de crise peut -ou pas- modifier les systèmes antérieurs, nous nous intéresserons principalement au secteur de la santé mais les réflexions pourront être étendues à d’autres secteurs.

La première phase de ce travail d’analyse s’intéressera à l’émergence de ces niches, ces centres d’innovations ancrées dans leurs territoires. En effet, nous formulons deux hypothèses. La première hypothèse concerne le foisonnement initial des réponses face aux manques, les tâtonnements, l’agglomérations en collectifs ou l’appui sur des collectifs existants pour apporter, au plus vite des solutions soumises aux évolutions des connaissances (modèle de masque, nouveaux besoins, nouvelles problématiques…).
Un mouvement d’agglomération des acteurs s’est ensuite opéré, un enjeu de cette étude est de comprendre quels sont les facteurs qui ont permis la mise en réseau des solutions et le modèle émergent de coordination décentralisé des moyens de conception, production, distribution…
Notre seconde hypothèse, dans la continuité de la première, concerne la capacité collective des acteurs mobilisés pour répondre aux enjeux matériels lors de cette crise qui est fortement dépendante des réseaux d’acteurs et ressources pré-existantes et qu’ainsi, le territoire influence la capacité d’engagement des acteurs. Une attention particulière sera portée à la place et aux rôles des acteurs publics, en considérant les différents niveaux administratifs et les centres de vie (voisinage, quartier, ville, département, région voire état).
Mail référent·e : Contacter par mail Homemade

Lors du Forum local nous proposons

Thématique : Lieux vivants hybrides, Coopération en territoire rural , « Je réponds au thème général du forum »
Type d'intervention : Partage d'une d’initiatives inspirantes et innovantes, Présentation de travaux de recherche ou d’outils d’observation
Information sur l'atelier ou l'intervention pendant le forum(sujet, approche, intervenant·es, etc.) : APESA avec Romain Allais
État de la contribution : Projet en cours
Lien vers une page web présentant l'initiative : https://coop.tierslieux.net/homemade-solidarite-tiers-lieux/
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Ambitions

En quoi cette initiative apporte une plus-value pour nos territoires ? : Réponse à une urgence sanitaire,
Valider l'efficacité de l'échelle locale.
Comment cette initiative répond aux grands défis de société ? : - repenser les modes de production,
- valorise les contributions citoyennes,
- favorise les coopérations entre structures,
- intervenir sur le champ sanitaire et médico-social.
Je donne mon accord pour que les informations ci-dessus soient visible sur le site : Oui